QU'EST-CE QUE L'ENDOMÉTRIOSE ?
L’endométriose, touche 1 femme sur 10 ou 1 personne menstruée sur 10. Maladie longtemps ignorée, parfois très difficile à vivre au quotidien, l’endométriose se définit comme la présence en dehors de la cavité utérine de tissu semblable à la muqueuse utérine* qui subira, lors de chacun des cycles menstruels ultérieurs, l’influence des modifications hormonales. Si la physiopathologie de l’endométriose n’est pas univoque et fait intervenir de nombreuses hypothèses (métaplasie, induction, métastatique, immunologique, génétique, épigénétique et environnementale, cellules souches…), il est impossible de comprendre cette maladie sans prendre en compte la théorie de la régurgitation dite « théorie de l’implantation ». Lors de la menstruation, sous l’effet des contractions utérines, une partie du sang est régurgité dans les trompes pour arriver dans la cavité abdomino-pelvienne. Cette théorie expliquerait la majorité des atteintes d’endométriose.
Ce sang contient des cellules endométriales, des fragments de muqueuse utérine, qui, au lieu d’être détruits par le système immunitaire, vont s’implanter puis, sous l’effet des stimulations hormonales ultérieures, proliférer sur les organes de voisinage (péritoine, ovaire, trompe, intestin, vessie, uretère, diaphragme…).
Les symptômes ont un impact considérable sur la qualité de vie des personnes atteintes avec un retentissement important sur leur vie personnelle et conjugale mais également professionnelle et sociale
Extrait de l’introduction du Professeur Charles Chapron dans Les idées reçues sur l’endométriose – Avril 2024 Editions le Cavalier bleu.
LES SYMPTÔMES DE L'ENDOMÉTRIOSE.
L’endométriose est une maladie dont les symptômes varient fortement d’une personne à l’autre. Les règles douloureuses (ou dysménorrhées) sont néanmoins le principal et le plus précoce des symptômes douloureux. En dehors du cycle menstruel, l’endométriose peut également générer des douleurs du quotidien, qui apparaissent généralement à l’adolescence, et s’intensifient avec le temps, d’où le besoin de diagnostiquer l’endométriose le plus tôt possible. De même, les douleurs pendant les rapports sexuels, également appelées dyspareunies, sont un autre symptôme récurrent de l’endométriose, parmi tant d’autres : troubles urinaires, digestifs, neurologiques, etc. Si ces symptômes sont tous différents, ils ont néanmoins un point commun : ils détériorent fortement la qualité de vie des femmes qui en souffrent.
C’est la première cause d’infertilité en France.
Environ 40 % des femmes atteintes ont des problèmes de fertilité et on estime qu’environ 50 % des femmes infertiles seraient porteuses d’endométriose.
Certaines femmes atteintes d’endométriose sont par ailleurs asymptomatiques, d’où un diagnostic souvent long et complexe. Malheureusement, le caractère asymptomatique de la maladie n'explique pas à lui seul le délais dans le diagnostique. Les symptômes ressentis par les personnes qui en souffrent sont souvent minimisés.
UN DIAGNOSTIC TROP LONG, POUR UNE MALADIE SANS TRAITEMENT CURATIF
Il est très difficile de diagnostiquer précocement l’endométriose, en raison de la faible spécificité des symptômes, du tabou autour des règles et de la banalisation des douleurs. Quelle femme ne s’est jamais vue dire : « C’est normal d’avoir mal pendant les règles ? » La méconnaissance de la maladie par les soignants, par les femmes elles mêmes, et par le grand public n’arrange rien. Cette situation induit un retard diagnostique quasi-systématique, qui est en moyenne de sept ans. Ce laps de temps est à l’origine d’une évolution silencieuse, et parfois irréversible, de la maladie.
À ce jour, il n’existe en effet pas de traitement curatif pour guérir de l’endométriose. Les options thérapeutiques restent limitées et circonscrites à l’amoindrissement des douleurs : pour les atténuer, les malades peuvent recourir aux antalgiques, à des anti-inflammatoires, à des traitements hormonaux (comme la pilule contraceptive), à la résection chirurgicale. Mais si ces traitements atténuent les douleurs, ils ne permettent pas encore de guérir de l’endométriose. Nombreuses sont celles qui en conséquence doivent avoir recours à l’aide médicale à la procréation (AMP).